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La robustesse comme philosophie de gouvernance

Démarré par Pascal Detroz dans Robustesse des institutions universitaires 17 octobre 2025 17:23

Vous trouverez dans les fichiers associés à ce groupe le ppt d'une conférence que j'ai pu mener dans le cadre de la rentrée académique su SEGEC supérieur que je remercie pour l'invitation. Dans cette conférence intitulée « La robustesse comme philosophie de gouvernance », j’ai proposé, avec mes collègues Camille Larcin et Daniel Faulx, d’examiner les tensions actuelles qui traversent nos institutions éducatives — massification, hétérogénéité, pressions technologiques et pédagogiques, injonctions à la performance et à la reddition de comptes — pour interroger leurs effets sur la vitalité collective. Nous avons montré comment les logiques d’optimisation issues du New Public Management tendent à fragiliser les organisations qu’elles prétendent stabiliser, en épuisant les acteurs et en érodant le sens de l’action éducative.

En m’appuyant sur les travaux du biologiste Olivier Hamant, j’ai proposé de considérer la robustesse comme une alternative à la performance et à la résilience : non pas chercher à faire toujours mieux ou à revenir à l’état antérieur, mais à assurer la viabilité des systèmes éducatifs dans un monde incertain. Inspirée du vivant, la robustesse repose sur sept principes : la lenteur, l’inachèvement, la redondance, l’incohérence, l’hétérogénéité, l’inefficacité locale et l’acceptation de l’incertitude.

Transposés à l’éducation, ces principes invitent à repenser le management en termes de gouvernance distribuée, de diversité des pratiques, de temps différenciés, d’écologie des ressources et de porosité avec l’environnement. J’ai enfin proposé de mesurer la robustesse institutionnelle à l’aune de la vitalité : la capacité d’une communauté éducative à régénérer et redistribuer son énergie cognitive, émotionnelle et relationnelle. En ce sens, un système robuste n’est pas celui qui produit le plus, mais celui qui demeure vivant, c’est-à-dire capable d’apprendre, de respirer et d’évoluer avec son milieu.

Vos commentaires, références, réflexions seront précieuses pour continuer la réflexion de notre beau collectif !

5 décembre 2025 06:08

Bonjour

Je ne trouve pas le lien vers le diaporama mentionné

6 février 2026 15:31

Bonjour @michel-briand :) 

Il est dans l'onglet "Fichiers" au dessus de cette discussion. 


13 juillet 2026 05:08

Bonjour, 

Nous nous connaissons par personne interposée, Sandrine Biémar. J'ai reçu votre présentation, notamment celle de l'ADMEE. Depuis 3 ans, au programme de 3e cycle en Gestion de l'éducation et de la formation de l'université de Sherbrooke, nous nous intéressons à la transformation des organisations (de l'éducation et de la formation) pour une "société durable", dans une perspective systémique. Nous investigons avec les personnes étudiantes (directions, directions de CSS, conseillers pédagogiques, intermédiaires, etc.) les modes de gouvernance et de gestion. Ce même fil mène nos projets de recherche (recherche action). Après avoir approfondi les apports de la systémie (Morin-Bibard), de l'acteur-réseau (Latour), de la résonance (Rosa), nous ouvrons la boîte de la robustesse. Nos recherches se centrent également sur des questions connexes, et un nouveau projet se dessine autour de la gouvernance des systèmes éducatifs, de la gestion des écoles, pour mettre en évidence des pratiques de gestion systémique, résonnantes, robustes, en réseau.(je ne souhaite pas m'arrêter à la robustesse). 

Un constat a déclenché nos  recherches et enseignements : les liens entre la gouvernance/gestion des écoles et l'idée de société durable restent un impensé. (Je ne tergiverse pas ici sur l'expression contestée de durable - cette expression a été choisie par souci de communication avec les milieux scolaires). L'école n'est pas conçue comme un milieu robuste, résonnant, en réseaux, alors qu'elle constitue un (sous)système en reliance de et dans la société. Lorsque je pose des questions relatives  à des pratiques favorables à une société durable, la gestion se réfère à du « vert » (tri des déchets, gestion des énergies, voire initiatives pédagogiques de type école du dehors). Lorsque j'aborde des questions de robustesse ou de la gouvernance réseau, les directions ne font pas le lien avec la pédagogie "verte" (j'y mets toutes les initiatives d'éducation à l'environnement). L'École est surtout conçue comme un vecteur de  société durable , et pas un milieu de. Cela ressort également sur l'onglet pédagogie de votre site. L'école ne se conçoit peu comme un milieu robuste ou à "robuster". C'est le titre de notre prochaine journée d'étude : gérer dans la complexité, robustons nos écoles  ou renforcer la robustesse de nos milieux éducatifs et de formation

Ce que je propose, c'est de partir de l'hypothèse que les écoles sont à la base des milieux robustes. La gouvernance axée sur les résultats la fragilise. L'université aussi (elles ont traversé les siècles)? Grâce à quoi ? Quels sont les indices de robustesse ? Quels sont les dispositifs, les pratiques, … qui favorisent cette robustesse ? Notre projet de recherche (en écriture)  a pour objectifs de mettre en évidence 1) les phénomènes écosystémiques et sociétaux qui traversent les organisations scolaires et de démontrer les liens entre les bouleversements environnementaux et sociaux (me référant à Éloi dans Confiance et coopération) 2) les pratiques robustes de conseil, de coordination et de direction au sein des établissements scolaires et des CSS. Je dispose de cas de robustesse (des équipes qui se sont "bien sorties" d'évènements graves) mais sans prise de conscience de tout ce qui a été mis en place (confiance, travail d'équipe, etc. ) en amont. Ces gestes s'apparentent le plus souvent à de la perte de temps ou du temps inefficace aux yeux des acteurs. Par exemple, dans une instruction au sosie sur "faire le tour de l'école le matin", une direction termine en disant " enfin, je rentre au bureau et je commence à travailler", comme si tout le travail relationnel, de communication,d'information, de mise en relation, de vigilance sur un ensemble de dossiers en cours (une réparation, les poubelles, un élève malade, le statut d'un ens.), le soutien et le cadrage réalisés dans son tour d'école n'était pas du travail.

Je ne sais pas si c'est l'endroit, mais c'est le seul onglet qui fait état de gouvernance. Sachez que le  2 octobre 2026 de 8 h 30 à 12 h (au Québec), nous organisons la journée du 3e cycle. À partir des principes de robustesse, nous ouvrons une réflexion avec les personnes étudiantes (des gestionnaires, directions, conseillers/ères,  expérimentés, d'écoles, de CSS et d'autres organismes de santé ou publics), les chargé·es de cours et les profs du département, des ateliers pour dégager des pratiques robustes déjà là et à développer, et en dégager des axes de gestion/gouvernance. 

Je ne sais quelles formes de partage de connaissances peut prendre cette conversation. Il est évident que nous avons à la fois des objets communs et d'autres plus spécifiques. Merci pour la conversation. Caroline Letor

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